Dans un monde de pandémie, de fake news, de complotisme, de politiques extrêmes, de distanciation sociale, de gestes barrières, de chaîne d’info continue où les mauvaises nouvelles se suivent les unes derrières les autres. Dans un monde devenu beaucoup trop adulte, dans un monde où chacun court après son travail, son salaire, le prêt de sa maison, ses responsabilités, ses enfants à l’école, le sommeil, ses courses au Drive, les vacances all-inclusive avec vue sur une piscine devant la mer, le temps d’être n’existe plus. Tout est sérieux, droit, contrôlé, matière à polémique, à débat, à critique, à mensonge. L’innocence n’est plus. Le temps ne s’arrête pas.        
Dans ce monde si adulte, je voulais rendre la parole à l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Celui qui se cache et qui sourit quand il voit une flaque d’eau, celui qui chante sous la douche, celui qui danse quand il se brosse les dents, celui qui mange des biscuits avec du lait, celui qui a peur aussi.         
Mais aussi, les enfants vivant dans ce monde qui les oblige à devenir adulte beaucoup trop vite, à être responsable.         
Pour moi, la plus simple expression d’un enfant, c’est une grimace. Faire une grimace ramène immédiatement l’enfant intérieur à la surface.         
En associant une grimace avec le masque et le geste barrière qui en résulte, je décide d’en faire une contrainte créative pour l’autre et de faire du geste barrière un affront à la morosité, à l’anxiété, à la haine, à la distance.         
Arrêter le temps, le temps d’une photo, d’une rencontre impromptue, dans la rue, dans un hôpital, dans une école, dans une entreprise, dans la vie, d’une demande absurde qui donne le sourire, qui fige l’adulte, réveille l’enfant et sidère l’effroi du monde environnant. Un enfant innocent, gentil, aimant, souriant, rieur existe toujours bel et bien sous ses visages minés qui soudain s’illuminent.        
Grimasque, avec plus de 2000 portraits,  c’est le témoignage fédérateur, résilient, universel qui prouve que face à l’adversité, nous sommes encore capable de rester des enfants. Un acte engagé dans le bon sens, sans violence.
ici vous sont présentées 300 photos.

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